Ton rêve de France (épisode 9) – Le Paris immortel… (Notre Dame de Paris)

Ton rêve de France (épisode 9) – Le Paris immortel… (Notre Dame de Paris)


Cet épisode est dédié à la tragédie qui a eu lieu cette semaine à Notre Dame de Paris. Puisse cette merveille renaître de ses cendres rapidement. Que ce Paris soit immortel, plus que jamais…


 

Choisir, c’est renoncer. Il ne te reste plus que 3 jours à Paris et tu sais déjà que tu ne pourras pas visiter tout ce que tu voudrais visiter. Même si tu sais que tu pourras revenir facilement compte tenu de la proximité de ta prochaine destination, tu as comme un pressentiment que cela pourrait être plus compliqué qu’il ne paraît.

 

Tu as donc décidé de remplir ces quelques jours par des incontournables : l’immortelle Notre Dame de Paris et…

Bon…tant pis…

 

 

Te voici donc face à « La Merveille ». Tu l’avais déjà entraperçue depuis le Batobus mais l’émotion d’être à ses pieds te submerge totalement. Tel Alexandre le Grand qui, voyant son empire, pleura car il ne lui restait plus de monde à conquérir, tu te demandes comment tu pourrais ne serait-ce qu’espérer voir quelque chose dans ta vie de plus grandiose. La perfection faite pierre ou quand l’homme touche au divin…et au diable ?

Gargouille de Notre Dame de Paris
Photo par la.truf

En levant les yeux, tu remarques des figures menaçantes qui semblent se moquer de ton hébétement ahuri. Les gargouilles, tel des hyènes ricaneuses, incarnent parfaitement ce paradoxe : comment cette créature sortie tout droit des enfers peut-elle orner les lieux les plus saints ? Tout simplement pour les protéger des forces du mal, elles sont donc les gardiens du Bien. En y réfléchissant, tu te dis qu’elles sont certainement plus intimidantes que des enfants avec des ailes…

Notre Dame de Paris : le portail du jugement dernier
Photo par bonacherajf

Tu t’approches à pas lents des immenses portes décorées d’impressionnantes ferronneries. C’est alors que tu te rappelles d’une légende que ton prof t’avait racontée :

La légende de Biscornet

« Tout commença au XIIIe siècle. Les religieux de la cathédrale firent appel à un jeune apprenti serrurier pour réaliser les gonds et les ferrures. La commande était très prestigieuse et l’apprenti, nommé Biscornet, ne pouvait être que flatté. C’était l’occasion pour lui d’assurer son immortalité grâce à un chef-d’œuvre !

Il se mit rapidement au travail et présenta aux religieux les dessins préparatoires : de splendides arabesques si compliquées qu’elles suscitèrent immédiatement l’admiration. Hélas, Biscornet se rendit compte bien vite qu’il avait été trop présomptueux… Malgré son adresse, les merveilles dessinées sur le papier semblaient impossibles à réaliser en métal. Une nuit, devant sa forge, son désespoir fut tel qu’il hurla “Au Diable !”. Aussitôt surgît le Malin, qui lui proposa un pacte : de belles ferrures contre son âme. Au matin, en s’éveillant, Biscornet trouva le travail achevé, des ferrures aussi extraordinaires que celles imaginées ! Ces admirables arabesques florales, ces soudures invisibles, ces têtes d’animaux si finement ciselées, si délicatement forgées au marteau… Ce ne pouvait être que l’œuvre du Diable ! À la vue de cet incroyable résultat, les religieux furent ébahis.

Hélas, le jour de l’inauguration, les fameuses portes refusèrent de s’ouvrir. On y parvint seulement en les aspergeant d’eau bénite. C’est pourquoi cette porte par laquelle nous entrons aujourd’hui fut rebaptisée la Porte du Diable !»

 

Décidément, notre Dame de Paris est bien mystérieuse… En en franchissant le pas, une idée surgit dans ton esprit. Afin de rendre ce moment inoubliable à jamais, tu décides de ne regarder que tes pieds pour que l’esprit de Notre Dame te pénètre, que l’expérience commence par le spirituel, l’ambiance, le son, ou plutôt l’absence de son. Pas à pas, tête baissée, les yeux mi-clos fixant le sol, sourd et aveugle, tu ressens malgré tout une atmosphère très profonde, chargée d’inconnu, de spirituel, de divin ?

Tu lèves les yeux.


Notre Dame Cathedral, Paris, France
 

Existe-t-il seulement des mots pour décrire ce moment, ces émotions, ces merveilles ?

Comme je ne les trouve pas, tu vas devoir m’aider.

Décris l’intérieur de Notre Dame de Paris

Witeboard
Vas-y ! Pratique ton vocabulaire !

 

Porté par tant d’émotions et de beauté, tu te sens léger, si léger que tu t’engages dans l’ascension d’une des célèbres tours, sur les pas d’un grand homme courbé, bossu.

Arrivé (avec difficulté) à la cime, tu t’émerveilles pour la première fois de la vue sur la ville-lumière. Paris la majestueuse, Paris la grandiose, Paris la splendide s’étend devant toi et tout autour de toi. Combien de merveilles, combien de secrets, combien de mystères renferme ce cœur battant au rythme du fleuve, du métro et des pas des amoureux transis ?

Plongé dans tes rêveries, tu n’écoutes pas du tout les bla-bla du guide qui s’efforce tant bien que mal de gagner l’attention des touristes hagards. Enfin le brouhaha devient murmure puis silence. En te retournant, tu t’aperçois que tu es seul, au milieu des gargouilles. La plénitude cède alors place à l’angoisse. Tu t’engages lentement dans l’escalier sombre. Les pierres froides t’enserrent alors que tu t’enfonces dans l’obscurité.

Tu entends alors l’écho d’une voix qui te rassure un peu. « Les touristes ne sont pas loin », penses-tu avec soulagement.

Mais, alors que tu avances, tu distingues un peu plus des sons de voix et ceux-ci ne sont ni étrangers, ni de touristes.

 

  • Oui, c’est bon. Ils sont partis, dit la première.

  • Ok, alors vas-y !, lui répond la seconde, on se retrouve pour le spectacle.

  • Tu es sûr que tout est en place ?

Sans faire de bruit, tu t’approches d’une petite porte que l’obscurité ne t’avait pas permis de voir mais que ta curiosité si. Tu essaies de tout capter de cette étrange conversation. Leurs murmures t’empêchent cependant de distinguer s’il s’agit d’hommes ou de femmes.

  • Evidemment que je suis sûr. J’suis pas un novice.

  • Je sais. C’est juste que le chef a dit de…

  • Chut ! Pas ici ! Tout est prêt je te dis ! Descends avant que l’autre groupe n’arrive.

Le bruit de la poignée de porte te donne comme un électrochoc mais tu restes prostré. La porte commence doucement à s’ouvrir alors que tu te décides enfin à descendre rapidement les escaliers. Heureusement le grincement des gonds couvre tes pas précipités, du moins c’est ce que tu crois.

  • Eh !, s’écrie derrière toi la voix d’un homme.

Pris de panique, tu te lances à toute vitesse. Le bruit de ta course résonne dans l’escalier étroit. De nouveau aveugle et assourdi, tu dévales les marches deux par deux, sans même savoir si on te poursuit. Arrivé en bas, tu bouscules un guide qui s’engageait avec un nouveau groupe.

  • Pardon, bafouilles-tu.

  • On ne court pas ici !

Mais tu ne l’écoutes pas et continues ta course vers la sortie. « Dehors je serai en sécurité »

  • J’ai dit : « On ne court pas ! », hurle de nouveau le guide confirmant que quelqu’un d’autre ne respecte pas les consignes.

Le soleil t’éblouit alors que tu te retrouves sur la place étrangement peu bondée. L’heure du déjeuner…

 

  • Monsieur !, crie l’homme derrière toi.

Tu traverses la place en courant, manquant à plusieurs reprises de trébucher ou de percuter les quelques touristes prenant des selfies. La chaleur et l’adrénaline embrouillent ta vue et tes idées. Les policiers, certainement présents quelque part, te sont invisibles. Tu continues à courir, t’éloignant de la cathédrale maudite. Ton souffle devient court. Tu t’arrêtes, haletant, et mets tes mains sur les genoux. Mais en te retournant, tu vois le jeune homme qui se rapproche.

Pas de répit. Il te faut un miracle ou il te rattrapera.

Tu lèves alors les yeux. Devant toi, providentielle, l’entrée de la Sainte Chapelle semble te faire signe. Mais ces quelques mètres sont un vrai marathon. Hors d’haleine, tu arrives malgré tout au guichet.

  • Je ne voulais pas manquer la visite guidée, te justifies-tu maladroitement en cherchant frénétiquement ton « Museum pass » dans tes poches.

Tu te retournes. Le jeune homme s’est mis à marcher, sans doute pour ne pas attirer l’attention. Il te fixe du regard. Les cheveux très courts, bruns, barbe bien taillée, il a un visage qui inspirerait confiance si ce n’était pour ses yeux menaçants.

Montre-moi comment tu l’imagines.

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Le pass apparaît et tu franchis le portique de sécurité. Tu te retournes et constates que visiblement ton poursuivant n’a pas l’intention d’entrer. Vêtu d’un bleu de travail et de chaussures de sécurité, il s’est arrêté et a mis son doigt sur ses lèvres, comme pour te recommander le silence. Il fait alors demi-tour et disparaît à l’angle de la rue.

Tu entres te réfugier dans la Sainte Chapelle mais ne profiteras aucunement de ses splendeurs.


La Sainte Chapelle

 

Tu t’assoies dans un coin pour reprendre ton souffle et tes esprits. Perdu, terrorisé, rien ne fait sens. Qu’as-tu fait ? Dans quoi tu t’es mis ? Qui sont ces gens ? Pourquoi t’a-t-il poursuivi avec tant d’insistance ? Et pourquoi ce geste ?

Tu restes là, prostré dans un coin, un long moment. Les idées se bousculent dans ta tête, ton corps paralysé dans cette pose semble vidé de toute énergie. Ce n’est qu’une main d’un gardien sur ton épaule qui te sort de tes tourments.

  • Monsieur, il faut sortir, on est en train d’évacuer l’île.

  • Quoi ?

  • Vite, vite !

 

En sortant du lieu salvateur, tu aperçois au loin qu’une immense fumée inonde le ciel. Une ambiance apocalyptique règne alentour. Des gens courent, crient, pleurent. Des policiers et des pompiers s’affairent dans tous les sens. Tu es emporté par le flot des gens dans le cordon des policiers. Tu as perdu toute capacité de décision et te laisse porter sur l’autre rive. Là, tu te retournes finalement.

Notre Dame de Paris en feu
Photo par manhhai

Cette vision d’horreur te saisit le cœur. Notre Dame de Paris dévorée par les flammes de l’enfer. Pendant une seconde, tu te dis que tu aurais pu y être.

Puis tu as une seconde vision d’horreur :

  • « J’y étais ! Oui, moi ! Celui qu’on a vu sortir en courant de l’édifice qui est maintenant dévoré par les flammes. Je ne sais rien et en même temps j’en sais beaucoup trop ! Je suis le suspect de l’incendie de Notre Dame ! »


Que vas-tu faire ?

Dis-moi dans les commentaires ce que tu pourrais faire maintenant.


Merci beaucoup d’avoir lu cet épisode 9 de « Ton rêve de France » hommage à Notre Dame de Paris. J’espère que tu l’as aimé.

A dimanche prochain pour la suite.

Et continue de rêver !

Yohan

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