3+1 livres qui ont influencé ma vie

Salut chers étudiants,

Après cette petite introduction, on commence par un article personnel. Je profite en fait de participer à l’événement “Les 3 livres qui ont changé votre vie” du blog Des Livres pour changer de vie que j’apprécie beaucoup, pour me confier un peu.

Ce blog, qui sélectionne des livres rares et exigeants pour changer de vie, est orienté vers le développement personnel et l’amélioration de soi.

J’aurais donc pu vous parler du livre à l’origine de mon blog (« Vivez la vie de vos rêves grâce à votre blog » d’Olivier Roland) ou de celui qui a totalement bouleversé ma vie récente « La semaine de 4 heures » de Tim Ferriss mais ce même Olivier Roland en a déjà fait une chronique excellente que je ne prétendrais égaler. Cliquez donc ici si vous souhaitez la lire.

Le truc c’est que je n’ai pas lu beaucoup plus de livres de développement personnel, du moins qui m’aient marqué tant que ça. J’ai fait des études littéraires : Bac L puis LLCE (Langue Littérature et Civilisation Etrangère) russe qui m’ont plus fait lire de la littérature « classique ».

Alors de quels livres vous parler ici ?

Et c’est là qu’une pensée m’a frappé. Ces livres de littérature dite « classique » ont aussi influencé ma vie à leur manière ; et certains en particulier ont fait de moi qui je suis actuellement, ont altéré ma façon de penser, ont touché mon être.

Voici donc 3+1 livres qui ont influencé ma vie :

 

Les Confessions, de Jean-Jacques Rousseau

Jamais je n’ai eu de relation aussi compliquée avec un livre. J’ai découvert Les Confessions en 1ère L, quand le ministère de l’éducation nationale eut l’idée très bizarre de proposer à des adolescents immatures le récit d’un homme de 53 ans sur son enfance où il ne se passe rien de trépidant et ses réflexions sur les deux choses presque inalliables qui s’unissent en lui sans qu’il en puisse concevoir la manière

Comme nombre de mes camarades, j’ai détesté. Ce livre m’a même traumatisé. D’autant plus que ce fut mon sujet à l’oral du Bac de français ! (8/20)

Mais, des années plus tard (11 exactement), j’ai décidé de lui donner une seconde chance. Je me disais : « Tout le monde dit que c’est un chef d’œuvre, un incontournable de la littérature mondiale. Y’a quelque chose qui a dû m’échapper. »

Lors de mon dernier voyage en Russie, j’ai donc tenté une réconciliation. Bilan : j’ai dévoré ce livre. Je ne l’ai pas lâché pendant plusieurs jours, souhaitant que jamais il ne se terminât. Ce qui m’a le plus bouleversé, c’est la beauté du langage, la justesse du choix des mots, des tournures de phrase, la poésie qu’il a imprégnée dans chaque mot d’un récit finalement assez banal mais ici transcendé par le génie de son auteur.

Plus qu’une réconciliation, ce fut une épiphanie.

Il est peut-être même à l’origine de ma vocation de professeur de français langue étrangère et de ma nouvelle envie d’écrire…sur ce blog par exemple…

 

Les nouvelles de Pétersbourg, de Nicolas Vassilievitch Gogol

Après l’épisode traumatisant du bac de français, j’étais quelque peu en froid avec la littérature. Et ça n’allait pas s’arranger. Au programme de Terminale, La machine infernale (de Jean Cocteau), Les fleurs bleues (de Raymond Queneau), Les châtiments (de Victor Hugo) : une tragédie d’Œdipe (bonjour Freud ! en pleine adolescence !), un roman complexe et énigmatique et un recueil de poèmes satiriques contre Napoléon III. Que du bonheur pour un ado passionné de jeux vidéo et de handball !

Mais c’est alors que nous étudiâmes un dernier recueil de nouvelles : Петербургские повести (les nouvelles de Pétersbourg) de Gogol. Etudiant le russe depuis 2 ans et revenant d’un séjour à Saint Pétersbourg et sa région, tombé doublement amoureux (je vous raconterai ça un autre jour), je restais subjugué devant ces nouvelles empreintes de fantastique, à la limite entre réalisme et fantasy, où je retrouvais l’atmosphère envoutante de la ville que j’avais connue. « Le portrait », « Le Manteau », « La perspective Nevski », « Le nez », « Le journal d’un fou », toutes me transportèrent et semblaient m’indiquer le chemin.

Après quelques doutes, je me décidai donc à emprunter ce chemin d’une filière peu commune (LLCE russe) qui me permettrait, je l’espérais, de revoir mes amours slaves.

Le hasard fit que, durant mes études, nous relûmes ces nouvelles dont je compris enfin le sens profond dont les secrets m’étaient jusqu’alors inaccessibles.

 

Les 3 Mousquetaires, d’Alexandre Dumas

Quand on pense « littérature classique », souvent nous viennent en tête des images que l’on associe également aux films d’auteurs français : long, lent, ennuyeux, trop sérieux, rempli de réflexions philosophiques prétentieuses. Et c’est souvent le cas pour dire vrai (en vrac, Docteur Jivago, Le rouge et le noir, Bel-ami, Anna Karénine et j’en passe).

 

Mais s’il y a un livre qui m’a montré que la littérature classique pouvait être fun et décomplexée, c’est bien Les 3 Mousquetaires. Je l’ai dévoré comme on dévore un Harry Potter. Ce livre nous tient en haleine à chaque page. Impossible de décrocher, une vraie série Netflix dès 1844.

A sa lecture, mon esprit de Geek dopé aux jeux vidéo, aux animés et aux superhéros venait de trouver un écho. Des intrigues, de l’action, du suspens, le tout dans une langue parfaitement efficace et accessible. Parfait !

Ce roman m’a tellement obsédé que, dès que j’ai eu l’idée d’utiliser le Jeu De Rôle dans mes classes de FLE (je vous en reparlerai aussi), j’ai cherché un monde de mousquetaires pour pouvoir revivre leurs aventures. J’ai finalement réussi à trouver et j’ai fait des parties mémorables avec mes étudiants.

Merci Monsieur Dumas !

 

Bonus : Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov

Dans cette sélection, celui-ci a peut-être la palme du livre qui m’a le plus surpris. On m’en avait parlé pendant mes études de russe mais le titre seul « Le Maître et Marguerite » (Мастер и Маргарита) m’avait totalement repoussé. Dans mon esprit, ce ne pouvait être qu’un roman de la collection Arlequin voire, au mieux, un roman érotique.

Je l’ai redécouvert par hasard plus tard et ai décidé d’y prêter une plus grande attention. Bien m’en prit car j’ai découvert un roman indescriptible mêlant histoire d’amour (du Maître et de Marguerite), critique politique et sociale (contre le système soviétique), comédie burlesque et conte fantastique (avec un chat, un démon, Satan et une sorcière) et même une réflexion philosophique autour de Jésus et Ponce Pilate.

Le génie de ce livre réside dans les lectures multiples que l’on peut en faire. Chaque lecteur en ressortira avec une interprétation propre, des images différentes et une expérience unique.

Pour ma part, j’en ai retiré plusieurs leçons :

  • Une histoire peut ne pas s’enfermer dans un seul genre,
  • Le fantastique a tout à fait sa place dans la littérature et peut se marier parfaitement au réalisme et à la critique,
  • La philosophie n’est pas l’art de chercher des réponses mais celle de poser des questions,
  • Béhémoth est génial !

J’aimerais donc dans ce blog essayer d’appliquer ces leçons.

 

Et vous ? Y a-t-il des livres de littérature qui ont changé votre vie ?

Lesquels ? Comment ?

Partagez vos expériences dans les commentaires et inscrivez-vous ci-dessous pour recevoir les prochains articles.

J’ai hâte de vous lire.

A bientôt, chers étudiants.

Prof Chopin

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1 commentaire sur « 3+1 livres qui ont influencé ma vie »

  • Ma réponse devra être plus courte…

    Rimbaud, “les voyelles”, aprés cette étude de texte faite le matin, après le déjeuner à la cantine pour être plus exact, j’ai écrit mon premier poème (un pastiche assez trivial en fait). J’étais en 1ère STI Génie Mécanique, la poésie n’était pas le plus gros coeff.

    Encore Rimbaud, la même année, je lis “le dormeur du val” à voix basse en classe d’anglais, juste pour moi, discrètement, en cachette… et je fonds en larmes. Avec des potes de mécanique automobile dans le salon de classe, je me rends compte qu’il faudra changer de voie.

    Finalement “les bijoux” de Beaudelaire… chaque fois que je suis en présence d’une belle femme dont les bracelets scintillent et font ces doux bruits associant mouvements corporels et musicaux, je tombe (presque) amoureux.

    Le plus dur n’est pas de citer trois textes, sinon de n’en citer que trois.

    à bientôt.

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